Editos

16/08/2017

La participation citoyenne prend aujourd’hui des formes très intéressantes. Le souhait d’un engagement concret, l’envie de faire, de mettre en place des solutions ou d’acquérir des compétences supplémentaires sont autant de motivations bien présentes parmi les citoyens, surtout les plus jeunes d’entre eux.

Convaincue de la force constructive de cet élan, j’ai décidé que soient organisées pour la deuxième année consécutive les formations citoyennes «Apprendre à réagir face à l’urgence». Avec cette campagne, je veux encourager la participation d’un maximum de citoyens-relais comme acteurs potentiels dans la chaîne de secours. Travailler dans ce sens, c’est renforcer l’esprit civique tout en se donnant plus de moyens pour se protéger et porter secours  en cas d’accident ou de catastrophe.

En charge des services d’incendie et d’aide médicale urgente, je sais combien l’intervention en situation d’urgence est délicate et nécessite formation et entraînement.  Mais ceci n’exclut pas que les citoyens puissent aider et être des relais pour l’intervention des services de secours. Pour ce faire, ils doivent être sensibilisés aux gestes simples et aux bons réflexes, ceux qui peuvent améliorer la situation des victimes.

En 2016 les formations avaient accueilli près de 2000 participants en 12 jours. Des personnes de tout âge ont été formées (de 16 à…  88 ans !), avec une importante proportion de jeunes de 20 à 29 ans.

Selon l’enquête réalisée à l’issue du programme, 9 participants sur 10 avaient estimé la formation pertinente. 60% des personnes se considéraient capables de se maîtriser lors d’une situation exceptionnelle, après avoir suivi la formation. Enfin, et cela mesure à quel point la démarche peut être motivante, 70% des participants envisageaient de suivre une formation aux premiers secours de type BEPS (Brevet européen de premier secours) pour compléter leur apprentissage.

L’intérêt des formations «Réagir face à l’urgence», c’est aussi de permettre à chacun de mieux connaître les métiers de pompier et de secouriste. Le succès des actualités qui les concernent montrent combien le travail de secours et d’assistance qu’ils réalisent quotidiennement leur assure une grande popularité. Mais cela ne va pas toujours avec une bonne compréhension des contraintes auxquelles ils doivent faire face lors d’interventions urgentes. Mieux les connaître permet d’aller au-delà des sentiments et de favoriser des réflexes plus en phase avec les modes opératoires des services de secours.

En organisant et en diffusant le plus largement possible cette campagne de formations, je souhaite apporter ma contribution pour favoriser les attitudes altruistes et empathiques chez chacun d’entre nous. Ces réflexes doivent s’apprendre dès le plus jeune âge, c’est pourquoi j’ai ouvert ces formations aux jeunes à partir de 12 ans ainsi qu’à tous les mouvements de jeunesse de la capitale.

J’espère ainsi que nous susciterons l’intérêt d’un maximum de personnes à se former de manière plus complète. Les partenaires que sont le SIAMU, la Croix-Rouge et l’IFAMU (Institut de formation en Aide Médicale Urgente) et qui assurent ces formations ne manqueront pas de vous renseigner sur les offres en la matière.

Actuellement le site web dédié aux formations a déjà enregistré plus de 800  inscrits. C’est donc d’ores et déjà un succès. Parlez-en à vos proches ! Partagez sur Facebook et invitez vos amis à aimer la page @formations.reagir.urgence, et pour s'inscrire : http://reagir-urgence.brussels

Cécile JODOGNE

 

26/06/2017

Ce grand bazar politicien est loin de mes préoccupations quotidiennes. Dans les réalités qui exigent toute mon attention et mon énergie, il est question de sécurité, de santé, de permettre à nos entreprises de se développer et de créer de l’emploi ! Rien que du concret qui exige de l’écoute, du pragmatisme, du savoir-faire et une capacité de synthèse pour mettre en place des solutions. C’est ce que je fais avec les pompiers, avec les agents publics, avec les entrepreneurs, avec les acteurs du secteur de la santé.

Assainir la vie politique ? Oui bien sûr ! Mais la fin des pratiques scandaleuses ne se décrète pas. Il faut décumuler les rémunérations, veiller à une juste proportion rémunération/responsabilités, appliquer les principes d’éthique et de bonne gouvernance dans le pilotage de toutes les institutions et organismes publics. Pour DéFI, ce sera le principe préalable à toute nouvelle majorité. Mais quelle majorité ?

L’imbroglio politique provoqué par le CDH a engendré une véritable pétaudière ! Cette situation qui nous est imposée par un seul parti pourrait perdurer.

Je refuse que Bruxelles soit prise en otage. On ne va tout de même pas faire table rase du travail réalisé depuis trois ans par le Gouvernement bruxellois et s’empêcher de faire ce qui doit encore être fait ! Quelle gabegie ce serait ! L’échéance électorale régionale c’est mai 2019. Il appartiendra alors aux électeurs de choisir leurs élus et les projets pour Bruxelles.

Le Gouvernement bruxellois peut très bien continuer à soumettre des ordonnances et des décrets aux assemblées des parlementaires. Et chacun prendra alors ses responsabilités à l’égard des réformes qui seront mises sur la table.

Plus difficile ? Peut-être. Mais notre démocratie, trahie par la cupidité de quelques-uns, a besoin de renouveau, en dehors des clivages traditionnels. C’est l’occasion de construire autre chose. Car les affaires qui éclatent et qui nous écœurent tous sont peut-être le signe de la fin du règne des vieux piliers qui sclérosent notre démocratie depuis trop longtemps.

La démocratie impose une gestion rigoureuse et éthique de ses institutions. Sans cela, même les engagements tenus s’estompent et s’installent la désillusion et la suspicion.

Alors ouvrons les portes de l’avenir et profitons de cette crise pour lancer de nouvelles dynamiques.

Cécile Jodogne

16/06/2017

budget et tabagismen accises sur le tabacIl semble que l’imprévoyance budgétaire sème la panique dans les rangs de la majorité fédérale, au point d’imaginer de sinistres spéculations aux dépens de principes élémentaires de santé publique.

Le Ministre des finances N-VA, sans dire qu’il faut diminuer les accises sur le tabac, ou plutôt après l’avoir dit, et après avoir dit qu’il ne l’avait pas dit, estime finalement que la question des accises doit être analysée «sans tabou»!

Le MR quant à lui enfume déjà les mesures scandaleuses qui pourraient être prises. Le chef de groupe MR de déclarer dans le Soir+ : « A ce stade, je ne dis certainement pas qu’il faut baisser les accises. Je dis que je ne veux pas encore prendre position. Je le ferai à partir du moment où l’on disposera des données précises évoquées ci-avant.»

On l’a bien compris, N-VA et MR ne peuvent s’empêcher d’y penser, la cigarette pourrait adoucir leurs contraintes budgétaires. L'hypothèse d'une réduction des accises afin d'augmenter à nouveau la consommation de tabac et donc les recettes sur les accises n'est pas écartée.

Quelle absurdité ! Faut-il donc leur rappeler que le tabagisme et les problèmes de santé qui lui sont associés représentent un coût annuel de près de 3 milliards pour la collectivité. Les coûts directs, constitués essentiellement par les soins médicaux, représentent 713 millions d'euros!

Stop au cynisme ! Même si un prix élevé de la cigarette ne décourage que 2 à 4% des fumeurs, ce sont des milliers de vies sauvées !

Cécile Jodogne

 

27/03/2017

L'Europe ne peut se détourner de son destin politiqueL’Europe a 60 ans, c’est peu dans l’histoire des nations, c’est beaucoup dans le temps de la paix. 

Aujourd’hui vilipendée par les partis nationalistes d’extrême-droite et anti-mondialistes d’extrême-gauche, l’Europe fait depuis plus d’une dizaine d’années l’objet de critiques sans nuances. Il se révèle de plus en plus difficile de se faire entendre sur le sujet en dehors du «tout ou rien ». Ou bien vous êtes pour l’Europe et vous êtres «progressiste-libéral» ou bien vous êtes contre et vous voilà «souverainiste-populiste».

Comment en est-on arrivé là ? Depuis 1957, annonçant les trente glorieuses, l’Europe des pères fondateurs s’est construite comme outil économique de la croissance. Insidieusement, depuis la fin des années 80, la Commission a donné l’image d’un pouvoir au service d’une idéologie ultralibérale qui n’a rencontré aucun contrepouvoir réel, ni celui des mouvements syndicaux, ni celui de la critique intellectuelle. Cela même alors que la dynamique de croissance avait fait place à des crises successives.

En l’absence de dialectique avec la société civile et d’investissement critique des intellectuels, les frondeurs antisystème ont confisqué le champ d’expression du sens commun pour imposer des propos radicaux qui essaiment dans une classe moyenne fragilisée par les crises successives. En même temps, les gouvernements nationaux eux-mêmes, reconnaissent rarement ce que l'UE apporte aux Etats membres. L’attrait des dédouanements faciles les rend enclins à faire de l’UE un bouc émissaire de choix.

Dans pareil contexte l’estompement du sentiment d’appartenance à l’Europe ne peut étonner.

Pour relancer la construction européenne il faut oser la refonder comme véritable pouvoir politique affirmé, interlocuteur des mouvements sociaux et des mouvements citoyens. Les institutions européennes doivent endosser l’habit de dirigeants politiques et adopter la culture qui va avec, celle de la négociation et de la concertation sociale. Ne pas entamer cette transformation ne peut aboutir qu’à une perte totale de légitimité et au blocage des processus de décision par des intérêts nationaux ou régionaux qui se revendiqueront, légitimement ou pas, porte-paroles de la société civile.

L’apport et l’expertise du lobbying est important mais il ne peut suffire à fonder une décision politique et à pérenniser l’institution politique européenne.

L’une des conditions sine qua non pour aller dans cette voie est évidemment la fondation d’une véritable Europe fédérale avec un exécutif qui soit l’émanation de son parlement et une répartition claire des compétences entre les Etats membres et le gouvernement fédéral européen. Après plus d’un demi-siècle, c’est de mieux d’Europe dont nous avons besoin. Les élections de 2019 seront un moment historique pour l’émergence de programmes fondateurs et courageux pour une Europe forte de ses acquis.

Dans l’économie globalisée que nous connaissons aujourd’hui et au sein de laquelle nos entreprises et startups doivent se développer, l’Union Européenne est la seule option. Car seul un marché unique de 500 millions d’européens est significatif à l’échelle mondiale pour les exportations et les importations de biens et services, et bien sûr pour attirer les investisseurs. En termes d’influence politique, seul l’UE peut asseoir sa crédibilité dans le concert des grandes nations.

Pourquoi cet espoir de la place que peut prendre l’Europe dans le monde est-il perçu par les citoyens européens comme une menace plutôt que comme une chance à saisir ? D’abord parce que l’UE n’est pas suffisamment lisible en tant qu’instance politique pour les raisons invoquées plus haut. Ensuite en raison de la prédominance de la valeur liberté dans un contexte géo-politique vécu comme menaçant par bon nombre de citoyen. L’Europe des libertés, de l’ouverture sur le monde doit aussi devenir l’Europe qui protège, qui régule, qui donne une image claire de son territoire, pour ses citoyens comme pour les migrants ou les réfugiés. L’UE doit avoir une politique frontalière et d’accueil des réfugiés claire.

L’Europe doit devenir une véritable puissance politique soucieuse de sa sécurité intérieure et de sa défense. C’est vital pour l’avenir de tous les peuples d’Europe d’unir leurs moyens dans ces domaines. C’est vital pour l’accomplissement de l’idéal de paix et de coopération énoncé en 1957.

Cécile JODOGNE

16/02/2017

Rémunérations injustifiées, concentration du pouvoir aux mains de quelques-uns, nébuleuses d’instances incontrôlées, autant de dérives qui choquent. Le scandale Publifin et les révélations qui ont suivi posent la question de la gestion des mandats publics en même temps que leur retentissement entame la confiance des citoyens.

En tant que responsable politique, je tiens à partager avec vous mon opinion et mes propositions.

D’abord, et j’estime utile de le rappeler, il s’agit d’argent public ou émanant de structures de gestion qui se sont développées grâce à des garanties publiques. L’argent public résulte de l’effort de tous et doit être strictement affecté à des politiques publiques. Dans le cas Publifin, les principes élémentaires que sont la prédominance de l’intérêt général et la modération des intérêts particuliers ont été bafoués. C’est insoutenable pour les contribuables que nous sommes.

Le manque de contrôle sur les prestations effectives et les rémunérations est inadmissible pour le citoyen-contribuable. Tous les exécutifs du pays doivent apporter une solution à ce manquement en instaurant des moyens de contrôle et la publicité des rémunérations.

Il est grand temps de se donner les moyens légaux d’imposer la transparence, à la fois sur les prestations des mandataires (rapports annuels d’activité des organes de gestion) et sur le montant des rémunérations, cumulées ou non.

Plafonner les rémunérations cumulées de chaque mandataire est un garde-fou indispensable pour que leur importance reste compatible avec les valeurs civiques qui président au prélèvement de l’impôt. En Région bruxelloise, dès 2006, le plafond a été fixé pour chaque mandataire public à 150% de la rémunération d’un député. Il y a lieu d’appliquer cette ordonnance et surtout d’opérer les contrôles utiles.

Quant au cumul, faut-il le bannir aveuglément ? Je ne le pense pas. Exercer des fonctions en relation avec des compétences précises constitue souvent une contribution bénéfique pour l’efficacité des politiques menées: échanges d'expériences, connaissance du terrain, liens entre matières complémentaires, expertises professionnelles, etc. D’une manière générale, je l’ai constaté, la majorité des mandataires ont acquis une expertise en gestion publique au fil de leurs expériences.

Il me semble aussi justifié que celles et ceux qui exercent des responsabilités au sein d’organes de gestion puissent être rémunérés justement en relation avec le temps réellement presté.

Mais outre les deux balises du plafonnement des revenus et de la transparence, il faut vérifier l’absence de conflit d’intérêt lors de l’attribution des mandats, en prenant comme pivot central le mandat électif direct. 

Mon opinion et mes propositions dans ce domaine reposent sur un principe : la modération. Modération des rémunérations. Modération dans la multiplication des techniques de gestion publique, elles doivent rester transparentes et conformes à une société démocratique. Modération dans la concentration des mandats : dans ce domaine aussi les talents et les expertises sont divers, chaque élu doit pouvoir apporter sa contribution.

N’hésitez pas à interagir via les réseaux sociaux ou mon site web jodogne.be

Cécile Jodogne